Ignorant qu’elle était enceinte, Prisca, 28 ans, a pris des antibiotiques pour guérir ce qu’elle pensait être des infections vaginales. Mais ces produits, pris sans consulter un médecin, vont mettre en danger sa vie et celle du fœtus. 

Dans le cadre de la campagne #RespectezMonChoix, Prisca s’est confiée à santesexuelle.cd.

La jeune dame sort d’un mariage, il y a plus d’une année.

” Mon ex-mari et sa famille estimaient que j’étais stérile”, raconte-t-elle.

Après la fin de l’union coutumière avec le premier homme de sa vie, Prisca a trouvé un nouveau compagnon avec qui elle partage une vie amoureuse depuis 7 mois. Et, c’est dans cette relation qu’elle est tombée enceinte, sans le savoir.

Influencée par son passé, elle ne croyait plus être capable de procréer. Et quand elle ressent l’inconfort dans son intimité féminine, Prisca a pensé à tout sauf à un malaise de grossesse.

” Mes amies m’ont dit que ça devait être des infections ovulaires et m’ ont proposé de prendre quelques antibiotiques “, révèle-t-elle.

“Après quelques semaines, rien ne changeait. Au contraire, mon état s’était aggravé. Je commençais à avoir de petits saignements régulièrement.  C’est alors que je me suis rendue à l’hôpital. Là, le médecin m’a diagnostiqué une grossesse en souffrance.  Ce n’était plus possible de la garder au regard des médicaments que j’avais pris pour me soigner des infections. A ma grande surprise, le médecin m’a proposé un avortement par perfusion. Après trois séances, les choses s’aggravaient toujours. D’après le médecin, mes  trompes avaient des problèmes. En harmonie avec la famille, je devais subir une intervention chirurgicale pour extirper tous les déchets dans mon utérus”.

Après cette dure épreuve, Prisca doit maintenant faire face à la stigmatisation dans le quartier, voire dans sa famille. Même sa relation avec l’auteur de la grossesse est au bord de la rupture. “Il m’accuse, comme presque tout le monde, d’avoir volontairement chercher cet avortement. Or, j’ignorais totalement être enceinte”, regrette-t-elle.

Selon l’article 14 du Protocole de Maputo, un avortement est notamment autorisé si la grossesse met en danger la vie de la mère ou du fœtus. Et Prisca s’est retrouvée, sans le souhaiter, dans ce cas.

Jules Ntambwe