SI JEUNESSE SAVAIT
Pour que le choix de la jeunesse compte
Association des jeunes féministes de la République Démocratique du Congo

[easingslider id="516"]L’année 2014 a été, pour Si Jeunesse Savait (SJS), une année de grandes réalisations.

Par des projets innovants, SJS  a pu renforcer le leadership de ses membres, partenaires, alliées et camarades de lutte dans nos trois axes de travail que sont les droits sexuels et reproductifs (1), les technologies de l’information et de la communication (2), et entrepreneuriat.

Nous avons pu commencer, et cela avec succès, la mise en œuvre notre projet phare connu sous son label PIGA SIMU.

Retenu parmi les 5 projets à financer, au milieu d’une sélection de 300 projets internationaux, PIGA SIMU [i]a reçu le financement du projet ICT4Development de l’Agence suédoise de coopération internationale (SIDA) et cela pour deux ans (2014-2015).

PIGA SIMU qui vise à améliorer la capacité des femmes et des filles à recouvrer la dignité, la valeur de soi, à s’autodéterminer, après avoir subi des violences sexuelles, et s’organiser, en vue de faire un plaidoyer pour une meilleure protection de la part des responsables politiques, nous a demandé deux ans d’efforts pour son élaboration et près de 5 ans de stratégie de levée de fonds pour le voir enfin aboutir.

Sur le plan organisationnel, Si Jeunesse Savait (SJS) a employé 17 personnes dont l’âge moyen est de 25 ans, a travaillé de façon effectif et continue sur trois provinces de la République démocratique du Congo (Kinshasa, Nord kivu et Sud-Kivu), a mis en œuvre 6 projets dont son projet phare connu sous le label PIGA SIMU, a organisé 65 formations et activités au bénéfice de 6621 personnes et a été invité à 22 réunions/échanges/ateliers/conférences.

5 de ces formations/échanges se sont déroulés à l’étranger (Tactical tech boot camp (Allemagne), la célébration de la journée mondiale des droits humains (France), le 20eme anniversaire de l’organisation Le monde selon les femmes (Belgique), le forum africain sur la gouvernance de l’internet (Nigeria), le forum des femmes en marge du sommet de la francophonie (Sénégal)

Nous avons eu le plaisir, au cours de l’année 2014, de commencer à mettre en œuvre notre tout nouveau plan stratégique, adopté en 2013, après un processus qui a duré 4 semaines.

Avec des fonds propres, nous avons mis en place une collaboration avec les principaux groupes LGBT du pays, en ouvrant les activités prévues d’abord pour les minorités sexuelles membres de notre organisation, aux autres membres de la communauté où nous travaillions. Nous avons pu ensuite sécuriser nos premiers financements totalement dédiées aux questions LGBT qui nous ont permis de célébrer pour la première fois à Kinshasa, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) avec des membres de la communauté LGBTI représentants 5 provinces du pays ( Kinshasa, sud kivu, Nord-Kivu, Bandundu, Bas-Congo).

Nous avons également continuée une belle relation avec le programme pour les droits des femmes de l’association pour les progrès des communications (APC) avec qui nous avons continué à faire des formations sur la sécurité en ligne pour que les femmes et les filles continuent à utiliser les technologies de l’information et de la communication pour s’informer, communiquer, apprendre, se divertir et revendiquer plus d’espaces dans les débats publiques.

Nous avons ensemble participé à une recherche sur les remèdes légaux et les politiques clientèles qui peuvent aider les femmes qui sont victimes de violences perpétrées au moyen de ces mêmes technologies de l’information et de la communication (TIC), nous avons organisé des séances de renforcement des capacités sur le plaidoyer pour faire changer les politiques TIC défavorables aux femmes et pour faire comprendre certaines notions notamment celles de la vie privée qui entre en compte lorsqu’il faut juger des abus commis en ligne.

Au cours de l’année 2014, SJS a pu inviter 3 formateurs internationaux (Zimbabwe, Burundi, Belgique) pour renforcer les capacités de notre personnel.

Nous avons tenu à rajeunir notre staff, en ouvrant des postes spécialement dédiés aux moins de 25 ans et en encourageant les jeunes diplômées des universités de Kinshasa à postuler à des stages dans notre organisation.

Nous avons invité plus de 1576 personnes aux 55 évènements que nous avons organisés pour cette année. Nous avons travaillé avec 319 allies, partenaires et camarades de lutte sur 6 projets dont le montant global est de 258.656 USD

Nous espérons que vous prendriez plaisir à lire ce rapport et que nous pourrions toujours compter sur votre soutien pour la suite de notre lutte.

Le changement n’arrive pas tout seul, nous y contribuions tous.

[i] Veut dire littéralement en swahili, langue parlée à l’Est de la RDC et compris à Kinshasa “appelles à partir de ton téléphone ».

Pour lire le rapport, merci de cliquez sur ce lien.

sida 3

Dans le cadre du rapport global sur le progrès de la réponse au VIH en République démocratique du Congo connu sous son sigle anglais GACPR, les practicien-ne-s et activistes congolais de la lutte contre le VIH se sont retrouvés autour du programme multisectoriel de la lutte contre le SIDA (PNMLS) en janvier 2016.

Si Jeunesse Savait (SJS), partenaire communautaire incontournable de la lutte contre le VIH sur les droits des minorités sexuelles que sont les professionnel-les de sexe ainsi que les gays et bisexuels a participé à cette rencontre qui visait à organiser la collaboration des diverses organismes gouvernementaux, des mouvements sociaux ainsi que des practicien-ne-s pour l’élaboration de la version 2016 dudit rapport ;

Des nouveautés ont été apporté au processus d’élaboration de ce document qui permet de faire un meilleur suivi de ce mécanisme mondial précieux pour s’assurer qu’à défaut d’atteindre les 3 zéros (Zéro nouvelle infection au VIH, Zéro discrimination et Zéro décès lié au Sida) en

) On puisse néanmoins poursuivre l’objectif 90-90-90 (tester 90 % des personnes, mettre sous traitement 90 % des personnes, et réduire la charge virale de 90 % des personnes sous traitement), pour mettre fin au SIDA d’ici 2030.

3 choses sont à retenir dans la nouvelle version que le fonds mondial de la lutte contre le VIH a bien voulu divulgué avant la fameuse version en ligne qui, les années passées, ne pouvaient être parcouru que quelques semaines avant le délai butoir et qui surprenait par le niveau de détails qu’ils demandaient, et mettaient toute la communauté du VIH en émoi.

Voici les 3 choses qui feront une réelle différence dans la vie des minorités sexuelles :

  1. Les prisonniers et transgenres s’ajoutent désormais à la liste des populations-clés   : en effet, durant plusieurs années, les militants de la lutte contre le VIH au plan mondial s’était accordé que les populations clés qui comprennent les gens les plus à risques de contracter le VIH étaient principalement les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), des professionnelles de sexe (entendu ici féminin, puisque les professionnels masculins sont déjà compris dans la catégorie des HSH) ainsi que les usagers de drogues injectables. Même si cette liste pouvait nettement varier selon les contextes nationaux. L’inclusion des prisonniers et des transgenres répond donc à une question de plaidoyer et permet de voir l’évolution des mentalités qui permet maintenant de faire la différence dans ce grand fourre-tout qu’était la catégorie HSH. Une personne transgenre ne serait plus juste un homme très efféminé et qui aime parfois s’habiller en fille, mais bien une personne à l’identité individuelle et qui aurait des problèmes singuliers et différents des gays et bisexuels. Les prisonniers à leur tour, HSH occasionnel mais surtout courroie de transmission entre le monde carcéral et l’extérieur sera l’objet d’une attention particulière du moins au Congo. Dans un monde parfait, je rêve qu’il pourra par exemple se faire dépister en toute confidentialité, recevoir des antirétroviraux, une aide alimentaire particulière, des lubrifiants et des préservatifs entre autre.
  1. Le VIH et son rapport avec d’autres maladies opportunistes seront mieux scrutés. En plus de la tuberculose qui était déjà pris en compte, les hépatites ainsi que les infections sexuellement transmissibles feront l’objet d’une attention particulière dans ce rapport. Des études effectuées en RD Congo montrent que ces deux dernières sont les maladies les plus répandues au sein des populations clés.
  2. La charge virale des personnes vivant avec le VIH devra être systématiquement contrôlé et refréné dans le rapport ainsi que les décès liés au VIH.

Une avancée très importante et qui aboutira nous l’espérons sur une pression forte pour mettre toutes les personnes vivant avec le VIH sous antirétroviraux sans attendre le seuil de charge virale qui nécessite un soutien d’urgence.

 Si ce rapport permet de voir les progrès, les défis et les faiblesses d’un système ambitieux, espérons qu’il ressortira mieux les besoins des populations clés pour qu’une réponse plus adéquate puise être apportée à ces communautés qui d’après les chiffres généralement circulé en RD Congo ont une prévalence au VIH de 15 fois plus élevé que la population générale.

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