SI JEUNESSE SAVAIT
Pour que le choix de la jeunesse compte
Association des jeunes féministes de la République Démocratique du Congo

Avez-vous moins de 30 ans, Êtes-vous une activiste féministe, êtes-vous intéressé-e par les droits sexuels des adolescentes, internet et l’entreprenariat ?

Aimeriez-vous diriger une équipe dynamique, et motivée à faire avancer les droits des jeunes congolais ?

Vous êtes certainement la/le prochain-e directrice/teur exécutive/tif que recherche si jeunesse savait.

Date limite le 31 mai 2019

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[easingslider id="516"]L’année 2014 a été, pour Si Jeunesse Savait (SJS), une année de grandes réalisations.

Par des projets innovants, SJS  a pu renforcer le leadership de ses membres, partenaires, alliées et camarades de lutte dans nos trois axes de travail que sont les droits sexuels et reproductifs (1), les technologies de l’information et de la communication (2), et entrepreneuriat.

Nous avons pu commencer, et cela avec succès, la mise en œuvre notre projet phare connu sous son label PIGA SIMU.

Retenu parmi les 5 projets à financer, au milieu d’une sélection de 300 projets internationaux, PIGA SIMU [i]a reçu le financement du projet ICT4Development de l’Agence suédoise de coopération internationale (SIDA) et cela pour deux ans (2014-2015).

PIGA SIMU qui vise à améliorer la capacité des femmes et des filles à recouvrer la dignité, la valeur de soi, à s’autodéterminer, après avoir subi des violences sexuelles, et s’organiser, en vue de faire un plaidoyer pour une meilleure protection de la part des responsables politiques, nous a demandé deux ans d’efforts pour son élaboration et près de 5 ans de stratégie de levée de fonds pour le voir enfin aboutir.

Sur le plan organisationnel, Si Jeunesse Savait (SJS) a employé 17 personnes dont l’âge moyen est de 25 ans, a travaillé de façon effectif et continue sur trois provinces de la République démocratique du Congo (Kinshasa, Nord kivu et Sud-Kivu), a mis en œuvre 6 projets dont son projet phare connu sous le label PIGA SIMU, a organisé 65 formations et activités au bénéfice de 6621 personnes et a été invité à 22 réunions/échanges/ateliers/conférences.

5 de ces formations/échanges se sont déroulés à l’étranger (Tactical tech boot camp (Allemagne), la célébration de la journée mondiale des droits humains (France), le 20eme anniversaire de l’organisation Le monde selon les femmes (Belgique), le forum africain sur la gouvernance de l’internet (Nigeria), le forum des femmes en marge du sommet de la francophonie (Sénégal)

Nous avons eu le plaisir, au cours de l’année 2014, de commencer à mettre en œuvre notre tout nouveau plan stratégique, adopté en 2013, après un processus qui a duré 4 semaines.

Avec des fonds propres, nous avons mis en place une collaboration avec les principaux groupes LGBT du pays, en ouvrant les activités prévues d’abord pour les minorités sexuelles membres de notre organisation, aux autres membres de la communauté où nous travaillions. Nous avons pu ensuite sécuriser nos premiers financements totalement dédiées aux questions LGBT qui nous ont permis de célébrer pour la première fois à Kinshasa, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT) avec des membres de la communauté LGBTI représentants 5 provinces du pays ( Kinshasa, sud kivu, Nord-Kivu, Bandundu, Bas-Congo).

Nous avons également continuée une belle relation avec le programme pour les droits des femmes de l’association pour les progrès des communications (APC) avec qui nous avons continué à faire des formations sur la sécurité en ligne pour que les femmes et les filles continuent à utiliser les technologies de l’information et de la communication pour s’informer, communiquer, apprendre, se divertir et revendiquer plus d’espaces dans les débats publiques.

Nous avons ensemble participé à une recherche sur les remèdes légaux et les politiques clientèles qui peuvent aider les femmes qui sont victimes de violences perpétrées au moyen de ces mêmes technologies de l’information et de la communication (TIC), nous avons organisé des séances de renforcement des capacités sur le plaidoyer pour faire changer les politiques TIC défavorables aux femmes et pour faire comprendre certaines notions notamment celles de la vie privée qui entre en compte lorsqu’il faut juger des abus commis en ligne.

Au cours de l’année 2014, SJS a pu inviter 3 formateurs internationaux (Zimbabwe, Burundi, Belgique) pour renforcer les capacités de notre personnel.

Nous avons tenu à rajeunir notre staff, en ouvrant des postes spécialement dédiés aux moins de 25 ans et en encourageant les jeunes diplômées des universités de Kinshasa à postuler à des stages dans notre organisation.

Nous avons invité plus de 1576 personnes aux 55 évènements que nous avons organisés pour cette année. Nous avons travaillé avec 319 allies, partenaires et camarades de lutte sur 6 projets dont le montant global est de 258.656 USD

Nous espérons que vous prendriez plaisir à lire ce rapport et que nous pourrions toujours compter sur votre soutien pour la suite de notre lutte.

Le changement n’arrive pas tout seul, nous y contribuions tous.

[i] Veut dire littéralement en swahili, langue parlée à l’Est de la RDC et compris à Kinshasa “appelles à partir de ton téléphone ».

Pour lire le rapport, merci de cliquez sur ce lien.

téléchargement (1)Pourquoi être noir et être féministe ne semble pas se conjuguer alors que des coutumes instrumentalisant la femme telles que l’excision ou encore le mariage forcé sont encore pratiquées en France et en Afrique ?

Quand vous êtes une femme noire et que vous naissez de parents immigrés, dans de nombreux cas, vos parents vous apprennent à entretenir une maison, à cuisiner et a espérer un bon mariage. Des valeurs importantes et utiles pour une future vie d’adulte, selon moi. Ces valeurs ne sont en aucun cas opposées au féminisme. On peut avoir à cœur de lutter contre toutes sortes d’inégalités sociales, politiques ou culturelles touchant les femmes en étant une femme au foyer, par exemple. Là ou ça devient plus compliqué, en tout cas pour moi, c’est lorsque j’ai eu à dire à mes parents que « Non, le fait que je ne sois pas bonne cuisinière ne ruinera pas plus ma vie que celle de mon frère», ou encore de défendre l’idée selon laquelle Julie a autant le droit d’avoir des partenaires sexuels multiples que Victor sans que cela fasse d’elle ce qu’on appelle couramment « une fille facile ». Le slut-shaming est une notion qui regroupe un ensemble d’attitudes individuelles ou collectives, agressives envers les femmes dont le comportement sexuel serait jugé « hors-norme ». Le slut-shaming consiste donc à faire se sentir coupable ou inférieure une femme dont l’attitude ou l’aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels (Source : Wikipédia). Pratique presque banalisée au sein des communautés noires et maghrébines où la virginité féminine est souvent considérée comme le Graal et où la sexualité de la femme est encore un sujet tabou allant parfois jusqu’à placer la femme comme un être dépendant du jugement de l’homme.

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Je me souviens avoir demandé à de nombreuses femmes noires ce qu’elles pensaient du féminisme, la plupart me répondaient qu’elles n’en avaient pas besoin, que les hommes et les femmes devaient rester à leur place et qu’il y avait des combats à mener beaucoup plus importants. Loin de se douter que le féminisme avait fait ce qu’elles étaient aujourd’hui. Si toutes les femmes du monde s’étaient dit « Bof, je ne me sens pas spécialement opprimée », les femmes n’auraient pas le droit de voter, pas le droit s’instruire, pas le droit de prendre la parole en public…Et j’en passe. Ce constat concerne d’autant plus la femme noire, qui a longuement été hyper-sexualisée par les hommes qui la considéraient parfois comme un objet visant à satisfaire le désir grâce à ses courbes généreuses. Avec ce constat d’une femme noire vue comme mère, servante ou objet du désir, les féministes noires se sont battues pour faire changer les mentalités et montrer que les femmes noires sont intelligentes et peuvent au même titre qu’un homme ou qu’une blanche, accéder à des postes à responsabilités.

Je me considère comme féministe. Je rêve, par un moyen ou par un autre, de participer à l’amélioration de la condition des femmes dans le monde. Je pense vouloir voir mes enfants évoluer dans un monde ou ma fille aura les mêmes chances de réussite que mon fils. Même si il est vrai que les conditions des femmes ont été grandement améliorées depuis plusieurs années en France, on constate que dans de nombreux pays, la condition des femmes est précaire. En Inde, le viol est considéré comme le crime le plus commun à l’encontre des femmes. De nombreuses femmes indiennes sont violées, parfois en pleine rue et devant des témoins. Dans de nombreux cas, les femmes doivent porter la culpabilité de ce viol, salies, et rejetées par leurs familles. En Afrique, les inégalités et discriminations vécues par les femmes sont aussi nombreuses. Il y a alors un clivage entre les coutumes des parents immigrés et la vie à l’« occidentale » que se sont créent les enfants nés en France. Les mariages forcés ou encore l’excision sont encore des coutumes pratiquées par de nombreuses familles, et qui servent à l’instrumentalisation de la femme. Dire qu’on est féministe n’est pas dire qu’on se sent opprimée par les hommes, c’est avoir à cœur de vouloir que la condition des femmes s’améliore. Je me sens concernée par cela, ayant été victime de discrimination à l’emploi par rapport à mon sexe, de remarques dégradantes par rapport à mon sexe, parfois même on ne m’a pas prise au sérieux à cause de mon sexe.

Être noire et à la fois féministe a toujours été vécue comme une chose étrange par mon entourage. Pour beaucoup d’entre eux, la condition des noirs en France restait l’une des seules causes qu’il était légitime de défendre. Lorsque certains de mes amis minimisaient l’importance du féminisme, ma famille était parfois choquée par mes prises de positions qui allaient à l’encontre des valeurs familiales et culturelles qu’elle m’avait inculquées. La femme africaine berceau de la nativité, mère aimante, épouse attentionnée : telle est la vision cultivée dans l’imaginaire de la plupart des noirs. Le féminisme est souvent vu par les hommes noirs comme un danger, comme un mouvement visant à se rebeller contre les hommes et à se libérer d’une position de servante. De plus, la médiatisation de groupes extrémistes tels que «Femen » offrent aux hommes une vision erronée du féminisme, d’autant plus aux hommes noirs pour qui les codes culturels de ces groupes sont difficilement identifiables ou assimilables.

Pour ma part, je crois vouloir participer, même modestement, à l’amélioration de la condition des femmes. En voyant de nombreuses femmes se mettre à banaliser les agressions physiques ou morales dont elles sont victimes, en les qualifiant de pratiques ancrées dans les mœurs et qui n’évolueront jamais, je me rend compte à quel point le combat est long et difficile.

 

Source:  Ecrit et publier par Nofi.

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