Mois de Mars, mois de la Femme.

Et si on parlait de quelques violences dont sont victimes les femmes via les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) via les réseaux sociaux ?

L’Internet a ouvert un univers de plusieurs possibilités aux citoyens du monde d’une part, mais il emprunte également le chemin de la dépravation de mœurs de certains hommes à cause des violences morales ou psychologiques dont ils sont auteurs à l’égard des femmes via les réseaux sociaux.

De nos jours, 5 femmes sur 10 sont victimes de harcèlement sexuel par le canal des réseaux sociaux à cause de leurs physiques. Une seule photo publiée par une femme suffit pour qu’elle reçoive des demandes d’amitiés, des messages de sollicitation sexuelle en privé, des critiques voir des propositions désobligeantes de la part des hommes qui trouvent en cela un message que la fille envoie pour être dragué.

Par le passé, avant l’arrivée de l’internet, les harcèlements sexuels se passaient dans la rue où une fille se voyait interpellé, sifflé, arrêté par un homme à chaque 10 pas de marche. Ces sollicitations se suivaient parfois des insultes, des moqueries voir des attouchements si la fille refusait la demande de l’homme. Aujourd’hui, avec la venue des médias sociaux, ce fléau a simplement basculé à tel point qu’il suffit pour un homme de tomber sur la page d’une fille qui l’intéresse pour que cette dernière subisse une sorte de pression sur son compte privé avec des demandes, des propositions de tout genre voir même de chantage au cas où la fille refuserait sa proposition. Le pire ce que le système qui nous dirige étant machiste, il favorise en quelque sorte cet état de choses sous prétexte que c’est tout à fait naturel qu’un homme drague en mettant une certaine pression sur la fille, ce qui est juste une façon de mettre toute les chances de son côté afin d’obtenir ce qu’il désire, donc cela ne devrait pas être vu comme de l’harcèlement. Situation que quelques femmes ont fini par accepter malgré elles, tandis que d’autres sont carrément dégouter d’internet et n’y ont plus accès. Ce qui leur empêche de s’informer, de se former et même d’exprimer leurs talents.

Nous avons interrogés quelques femmes qui disent avoir été victime des violences psychologiques via les réseaux sociaux :

  • « J’aime la mode vestimentaire, ce qui m’a poussé à suivre le cursus de modéliste pour devenir styliste. Sur mon compte Instagram, j’aime m’afficher avec différentes tenues assorties en y ajoutant ma touche personnelle et j’ai beaucoup de followers dont des hommes qui apprécient mes tenues et la manière dont elles match bien avec ma courbe. Au début, je trouvais cela normal de recevoir des compliments des hommes sous mes post et même in box, jusqu’à ce que certains décident de pousser plus loin le bouton en m’envoyant des photos de leur bites en disant que mon corps irait parfaitement bien avec leur engin, qu’ils ont les moyens de m’acheter tous mes vêtements juste pour pouvoir les arracher sur moi et voir ce qui se cache à l’intérieur en me faisant des trucs de malade, etc… Même après avoir tenté maintes fois de raisonner ces personnes en leur faisant comprendre que ce n’était pas mon corps que je vendais mais plutôt ma passion pour la mode vestimentaire, ils en avaient rien à foutre et cela devenait de plus en plus fréquent au point où je me demandais si le fait d’être belle ou d’avoir des formes était une malédiction et qu’entant que femme je n’avais rien d’autres à offrir au monde en dehors de mon corps ? J’ai donc fini par supprimer mon compte et j’en ai créé un autre avec un faux nom je n’affiche que des tenues sans m’afficher moi-même, ce qui m’a perdre beaucoup de clients et d’abonnés.» Sonya, 23 ans, étudiante à Kinshasa

Le cas de Sonya n’est qu’une graine de poussière sur les innombrables violences que subissent les femmes dans les médias numériques.

Une carrière abandonnée, une passion étouffée à cause de certains hommes qui ont finis par convaincre cette jeune dame que peu importe ce qu’elle pouvait faire de sa vie, entant que femme, sa place est dans un foyer, finir dans les bras d’un homme et sans cela, elle ne vaut pas grand chose.

Ma vie est devenue un enfer. C’est ce que nous raconte Laeticia, 32 ans.

« Je venais à peine de sortir de l’Université lorsque j’ai connu mon petit ami. Deux ans de vie de couple mais nous ne nous sommes pas mis d’accord sur certaines choses parce qu’il ne voulait pas que je travaille et moi je n’étais pas encore prête à faire des enfants et être une femme au foyer dépendante. J’ai donc décidé de le quitter pour cela mais aussi pour plusieurs cas d’infidélité. Un an après, j’ai pu trouver un travail qui paie assez bien et je me suis trouvé un autre partenaire avec qui je m’affichais de temps en temps sur mon compte Twitter. Mécontent, mon ex a tout fait pour reprendre contact avec moi en me faisant comprendre qu’il n’avait aucun problème avec mon nouveau partenaire qu’il aimerait même sympathiser avec…Ne voulant pas prendre un tel risque, il a commencé à me menacer de sortir avec lui, même si j’avais un autre homme dans ma vie, sinon il allait publier des images de moi lorsque nous étions ensemble, histoire de me salir. Je n’avais plus d’autres choix que de le calmer et j’ai pris également le soin d’en parler avec mon nouveau partenaire qui m’encourager à ne pas céder. J’étais tellement envahi par la peur que je n’osais presque plus consulter ma page. Après l’avoir bloquer autant de fois, il arrivait à créer des faux comptes pour poursuivre ces menaces et chantages. Finalement, n’obtenant pas gain de cause, il a donc créer des faux comptes Facebook et Twitter avec mon nom et mes photos en me faisant passer pour une prostituée, en utilisant quelques photos très osées de moi et en mettant mon numéros de téléphone pour toute les personnes qui seront intéressés par mes annonces. J’ai dû changer de numéros puisque je commençais à recevoir des appels de personnes inconnues me proposant des parties de jambes en l’air, il a pris le soin d’identifier certains de mes amis proches, certains membres de ma famille et même mes collègues du boulot. J’avais beau me défendre mais certains se disaient que forcément il y avait quelque chose entre nous et mon nouveau partenaire n’a pas pu supporter les humiliations qu’il a disparu sans aucune raison. J’ai déposé plainte à la police mais il a tout nié étant donné qu’il s’agissait d’un faux compte qui n’avait aucune information liée à sa personne. Je suis allé dans sa famille et tout le monde me dit qu’il n’y a aucune preuve même si leur enfant m’avait supplié à un moment de revenir à lui. J’ai arrêté d’aller au boulot et les réseaux sociaux c’est devenu un mauvais souvenir pour moi. »

Elles sont nombreuses, ces femmes qui subissent des violences à travers ce moyen de communication qu’est internet. Une nouvelle éducation s’impose donc à tous pour une meilleure utilisation de cet outil qui est devenu une source de gain pour certains mais pour d’autres, un danger permanent surtout qu’avec les médias sociaux, une seule personne peut avoir plusieurs comptes et se faire passer pour plusieurs personnes, mettant en danger la vie de celles qui sont les plus vulnérables, à savoir les femmes.

Une nouvelle éducation pour apprendre à la gente masculine surtout que :

  • Une photo sexy ou osée d’une fille, ne signifie pas qu’elle est à la recherche d’un homme. Ça peut être une façon pour elle d’exprimer sa beauté, de revendiquer quelque chose, de lancer un message, de valoriser son corps, ses courbes…Cela ne vous donne pas le droit de lui envoyer des messages en privé sans son accord, ni des photos de vous, ni lui parlé de sexe.
  • Une femme qui aime votre photo ou qui répond positivement à vos compliments en commentaire, ne signifie pas que vous l’intéresser sexuellement.
  • Lorsqu’une fille vous sourit, ou répond avec sourire à votre blague, cela ne signifie pas qu’il faut en faire plus jusqu’à faire des blagues osées sur elle ou sur vous pour l’attirer. Son sourire peut simplement vouloir dire qu’elle veut rester gentille à cause de son éducation mais ne voyez pas en cela une certaine légèreté de sa part.
  • Tout ce qu’une fille publie sur sa page ne reflète pas forcement sa vraie nature. Elle a donc droit à une vie privée et au respect.
  • Etc….

En essayant d’inverser le rôle, certains hommes réaliseront à quel point ce n’est pas facile pour une femme de devoir supporter toute ces demandes, toutes ces propositions de sexe, tous ces sexto, ces photos dénudées des inconnus, tout le monde veut vous avoir sur son lit comme si vous n’aviez que ça à donner dans la société. Imaginer tout cela pour sa propre fille, sa propre sœur qui deviendra femme demain et qui devra subir tout ça sans aucun refus sinon elle aura droit aux insultes, au chantage…C’est de la torture morale en permanence.

Si nous voulons une société plus égalitaire pour les hommes et les femmes, alors éduquons-nous aux nouvelles valeurs. Tel est le but de la campagne « TechSansViolences ».

Merci

Pamela Tekasala