La République Démocratique du Congo vient de traverser la plus lourde restriction de l’internet de son histoire. Cette coupure a intervenu le 31 Décembre 2018 dans l’avant midi, 24 heures après les scrutins du 30 Décembre dont on avait combiné : le présidentiel, les législatives nationales et provinciales dans l’ensemble du territoire congolais. Il a fallu serrer la ceinture pendant près de vingt jours, soit jusqu’au 19 Janvier 2019, pour voir le rétablissement de l’internet, avec une lenteur considérable. Un désarroi inédit !

 

Pourquoi cette coupure ?

Tout a commencé avec des publications des résultats des élections des bureaux de vote à travers les réseaux sociaux qui ont alimenté la nuit du 30 au 31 Décembre. Avec l’individualisation des informations, certaines personnes avaient en leur possession, les résultats des votes écrit à la main ou saisis à la machine, qu’ils  mettaient en ligne ou les partageaient via WhatsApp.

Ce qui s’est avéré menaçant pour le Gouvernement qui a pris l’option de restreindre la connexion internet, et des messages téléphoniques, afin d’empêcher, selon lui, la propagation spectaculaire des fake news dans l’opinion, avant la publication des résultats provisoires par l’organe ayant habileté qu’est la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Des inquiétudes…

Face à un tel « shutdown », les Congolais ont déploré, avec leur dernière énergie, ce comportement que certains qualifiaient d’entrave à la liberté d’expression et du droit humain parce que avoir l’internet est un droit. Le monde d’aujourd’hui est dominé par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, et l’on ne peut plus se passer de l’internet. Des nombreux commerces, des transactions, les études, le travail, etc.,  se font aujourd’hui grâce à l’internet, des nombreuses familles vivent grâce à un parent à l’étranger. Cette dernière étant devenue indispensable dans le quotidien des congolais. C’est ainsi que la majorité d’entre eux souhaitent que le Gouvernement change des stratégies quant au maintien de la sécurité nationale.

 

Des Navigateurs d’internet, en passant par les réseaux sociaux, le peuple congolais passe des temps forts de communication sur internet. Ce qui paraît impossible, pour certains, de vivoter deux jours sans connexion internet. Leur priver de l’internet c’est violé leurs droits.

Une dissuasion économique

Selon les derniers chiffres donnés par CIPESA sur l’impact économique des distributions d’arrêt d’internet en Afrique subsaharienne, en septembre 2017, la RDC perd un coût total de 1.936.911 dollars américains par jour, en cas de coupure d’internet. Alors, imaginez pour les 20 jours. Les chiffres sont alarmants.

C’est un record de coupures à l’échelle mondiale. Il est impérieux d’en arrêter là. Sinon, comment vouloir construire une économie prospère en posant en même temps des actes qui la détruisent ? A chacun d’y répondre…

Mais il faudra se poser la question qui paie le pot cassé ? les répercutions se feront sentir au niveau de la population.

Quel gâchis !