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Plusieurs recherches le montrent. La question a été au cœur de la conférence internationale sur le VIH/SIDA qui s’est tenu en Afrique du sud.

Les efforts dans la lutte contre le VIH/SIDA marchent bien. Sauf pour les adolescent-es.

La mortalité des personnes vivant avec le VIH/SIDA a chuté de 42 pour cent. De même que les nouvelles infections. Sauf pour les adolescent-e-s.

Les antirétroviraux, plus performants de jour en jour, les programmes de lutte contre la transmission de la mère à l’enfant sont plus efficaces.  Sauf pour les adolescents qui forment la majorité des nouvelles infections et meurent avant que l’on ne sache qu’il s’agit en fait du SIDA.

En 2017, on ne nait plus avec le VIH. Et on vit mieux, sans développer la maladie (qui est le SIDA) quand on a le virus du VIH dans le sang ; grâce aux tests qui se démocratisent et vont vers la population ;  grâce à un accès aux soins qu’on s’efforce de rendre plus facile et le moins cher possible, grâce à la mise sous traitement, dès le dépistage positif. Grace à un réseau de soutien entre personnes également affectées par la maladie qui rend l’acceptation plus facile.

Et même si la stigmatisation, qui est le fait de traiter de façon différente les personnes que l’on sait atteint par le virus, continue de poser problème. Que les personnes vivant avec le VIH/SIDA n’arrivent pas encore à en parler aussi ouvertement que le diabète, les efforts ont payés. Sauf pour les adolescent-es, ses filles et ses garçons qui ont entre 10 et 19 ans.

Quelques raisons pour comprendre le VIH/SIDA chez les ados.

Les adolescent-e-s se trouvent dans une phase transitoire de la vie. La médecine elle-même a du mal à dire si les ados dépendent de la pédiatrie ou de la médecine interne. Est-ce des grands enfants ou des jeunes adultes ?

L’adolescence est aussi l’âge des premières relations sexuelles pour la très grande majorité des congolais. La très sérieuse étude démographique et de santé de 2014, atteste que les premières relations sexuelles en RD Congo surviennent autour de l’âge de 15 ans.

Les méthodes préventives du VIH/SIDA (abstinence, bonne fidélité, condoms et dépistage) ne semblent pas adaptées pour les ados. La preuve, très peu d’entre eux ont utilisé le préservatif lors de leurs premiers rapports sexuels.

On peut changer la situation des adolescent-e-s

Il y a pourtant de l’espoir. Quelques modifications peuvent changer cette fatalité et garantir un Congo ou la relevé reste en bonne santé pour son développement

  • Parler plus librement de sexualité aux enfants: des messages peu clairs tels que « ne laisse aucun garçon te toucher » pour les adolescent-es pubères, «  tu es parti seul à l’université, je veux que tu en reviennes seul » pour le jeune homme qui va vivre en résidence universitaire loin de ses parents n’aident pas à faire comprendre la réalité. Disons plutôt, le VIH existe. Voici les moyens de s’en protéger, les relations sexuelles doivent être libres, consentantes et sources de plaisir. Voilà pourquoi il faut les prendre au sérieux, etc.
  • Changer la loi pour permettre aux adolescent-e-s de se faire dépister sans l’autorisation de leur parent : la loi congolaise ne le permet pas pour le moment, or il devrait être possible pour toute personne sexuellement active (sans que la peur que les parents découvrent cette sexualité) ne freinent la possibilité d’être mis, le plus tôt possible sous traitement.
  • Créer des réseaux de pairs adolescent-e-s : pour les jeunes infectés par le VIH, la vie ne fait que commencer. Les ami-e-s du même Age, qui vivent positivement leur état. Qui vont à l’école, font du sport, se marient, ont des enfants malgré leur nouveau statut sérologique, sont un exemple que les autres ados testés positifs suivent
  • Faire avancer la recherche. Pour avoir des antirétroviraux dosées selon les poids des ados, dont certains ont moins de 35 kilos. Lorsqu’il faut couper en deux les comprimés très souvent conçus pour les adultes, les doses ne sont pas toujours les bonnes et il y a risque de résistance au traitement sur la durée.

Si comme moi vous vous êtes posez la question, est-ce que cela changera quelque chose, je vous réponds, oui. Tout le prouve. Ce sera ça ou rien