Les droits sexuels et reproductifs : avancées des féministes d’hier et d’aujourd’hui.

I. Introduction
Selon une définition que je trouve formidable et que j’emprunte à la fédération laïque de planning familial, les droits sexuels et reproductifs sont des droits de la personne liant la sexualité aux principes du respect de la vie privée, de l’égalité ainsi qu’aux valeurs d’intégrité, d’autonomie et de dignité des individus.

Alors que ce concept est très souvent utilisé lorsque l’on parle de minorités sexuelles telles que les personnes homosexuelles ou encore celles travaillant dans l’industrie du sexe, dans leur acception la plus large, les droits sexuels concernent tous les aspects de la vie sociale et la sexualité de tous et chacun, incluant des relations égalitaires entre hommes et femmes, le plein respect de l’intégrité de la personne et le respect réciproque.

Les droits sexuels et reproductifs, lorsqu’ils sont reconnus, donne automatiquement droit à un ensemble de services (médicaux pour la plupart) que l’on met sous le concept de la santé de la reproduction. Mais il faut savoir que si les deux concepts sont intimement liés, la plupart des organisations organisent des services de santé de reproduction sans pour autant publiquement militer pour les droits afférents.
Dans ce cas, la limite des services organisés reflète les droits sexuels et reproductifs qui sont plus ou moins accordées aux femmes dans ces pays.

Le cas de la république démocratique du Congo.

En 2012, quarante ans après ce qu’on a appelée la deuxième vague du féminisme en occident (de 1960 a fin 70), qui s’est concentrée sur les droits des femmes dans la sphère privée (ce qui inclut les droits sexuels et reproductifs) et a questionnée l’hétéro normativité, ceux qui pensaient que les droits sexuels et reproductifs étaient officiellement a relégué au passée, ont vite déchanté.

En effet, même en mettant de cotes des pays qui ont garde des us et coutumes d’un autre siècle ou pratiques des formes primitives de religion qui dictent un certain nombre de pratiques sexuels et reproductifs tels l’infibulation des organes génitaux au soudan, …, des pays dits modernes car ayant accepte les chartes internationaux de droits humains voient subsister des pratiques qui nuisent au bien être sexuel et reproducteur de leurs populations.
Pour ne citer que quelques-uns : les viols et autres formes de violences sexuelles en république démocratique du Congo- en temps de paix ou de guerre-, l’excision au Tchad, les mariages précoces/forcées dans les zones rurales de plusieurs pays africains, la reconstruction de l’hymen dans les pays d’Afrique du nord…

Ces pratiques déplorables ne sont pas l’apanage des pays africains ou sous-développés seulement, en effet, les chirurgies cosmétiques du sexe féminin (remodelage du vagin, labioplastie ou chirurgie des petites lèvres, rétrécissement ou assèchement du vagin, etc.) ont tous un dénominateur commun : les femmes endurent (souffrent ?, subissent ?) des opérations chirurgicales inutiles pour plaire a leur partenaire, membre de famille ou a l’image que leur renvoi la société.

L’une de grandes contributions des féministes a aussi été le fait de séparer la sexualité de la reproduction. Ainsi, en donnant la possibilité aux femmes de jouir des relations sexuelles sans tomber enceinte, elles ont protégé aussi le droit à se reproduire sans relations sexuelles ou encore le droit de ne pas vouloir d’enfants. Ce qui est le cas par exemple de la procréation assistée ou des mères porteuses.
Au delà de toutes les cultures, religions et conceptions morales, les droits sexuels et reproductifs doivent être revendiqués par les femmes comme droits fondamentaux à être ce qu’on est et a être accepte en tant que tel.

II. Les services de la santé reproduction et les droits
Selon le fonds des nations-unies pour la population (FNUAP), on entend le bien-être général, tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités.

Cela suppose donc qu’une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sécurité, qu’elle est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu souvent qu’elle le désire.

Cette dernière condition implique qu’hommes et femmes ont le droit d’être informés et d’utiliser la méthode de planification familiale de leur choix, ainsi que d’autres méthodes de leur choix de régulation des naissances qui ne soient pas contraires a la loi, méthodes qui doivent être sures, efficaces, abordables et acceptables, ainsi que le droit d’accéder à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent aux couples toutes les chances d’avoir un enfant en bonne santé.

Il faut donc entendre par services de santé en matière de reproduction l’ensemble des méthodes, techniques et services qui contribuent à la santé et au bien-être en matière de procréation en prévenant et résolvant les problèmes qui peuvent se poser dans ce domaine.

On entend également par cette expression la santé en matière de sexualité qui vise à améliorer la qualité de la vie et des relations interpersonnelles, et non à se borner à dispenser conseils et soins relatifs à la procréation et aux maladies sexuellement transmissibles.

Les services de planification familiale offerts dans un pays, dépendent très étroitement des droits sexuels et reproductifs qu’accordent les pays. Ainsi, pendant longtemps, la question de service à rendre aux femmes en lien avec leur sexualité et leur capacité à se reproduire a été dictée par la volonté des hommes. En effet, les féministes pensent que l’idée de la virginité comme condition au mariage est née du fait que l’homme voulait s’assurer que la descendance à qui il laissait ses biens était bien à lui. En d’autres mots, que les biens durement gagné resteraient dans « sa » famille.
Ceci a donné lieu à des idées tels que les adolescentes et personnes non mariées n’étaient pas concernées par les services de contraception.
Ainsi donc en RDC, il existe un programme national de naissances désirables (créer par une ordonnance présidentielle de 1973) qui est en charge de politique et programme en rapports avec la santé sexuelle et reproductive. Mais, légalement, la contraception tombe encore sous le coup des dispositions de l’article 178 du code pénal congolais qui réprime tout acte de nature à empêcher la conception notamment la vente, la distribution, l’exposition, la vulgarisation des méthodes contraceptives,…
Il faut comprendre que cette loi a été portée dans les années 70 ou une philosophie dite « africaine » qui affirmait que l’africain aime à avoir beaucoup d’enfants. Or, selon Sandra Dughman Manzu et Shareen Gokal, deux chercheuses féministes, « une législation discriminatoire et l’exercice du contrôle sur les corps des femmes, souvent justifiés par des arguments fondés sur la religion, la culture, la tradition et la moralité publique, oppriment, contraignent et bafouent les droits des femmes dans le monde entier. L’utilisation des lois pour contrôler la sexualité et les décisions et actions des femmes en matière de reproduction est l’ultime affirmation du patriarcat des États. Ces lois sont souvent soutenues par des programmes fondamentalistes de pouvoir et de contrôle, et fondées sur un concept erroné du rôle des femmes au sein de la société, axé sur la reproduction sociale et biologique.
Ainsi donc, le fait que la contraception des femmes mariées dépendant de l’autorisation de leur mari, comme c’est le cas dans plusieurs pays africains, enlèvent à ces femmes le droit de décider de ce qu’elles font de leurs corps.
Aujourd’hui encore le droit a un accès sécurisée pour toutes les femmes africaines est garanti par le protocole a la charte africaine de droit de l’homme et des peuples reconnaît noir sur blanc l’engagement des états a : « protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisée en cas d’agression sexuel, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse mettrait en danger la santé mentale et physique de la mère, ou la vie de la mère et du fœtus » l’avortement reste encore illégale dans de nombreux pays africains. (Article 14 alinéa 2 c)
Et si on recourt volontiers a la planification familiale pour espacer les naissances, l’idée de faire appel a se service pour ne pas avoir d’enfants est encore mal vu. Ainsi, en Afrique centrale, aucun service de planification familiale n’est disponible pour les couples homosexuelles par exemple.

III. Les sujets « brûlants » ou controverse entre différents courants féministes Les grandes idées féministes autour des droits sexuels et reproductifs
Parmi les sujets brûlants qui donnent l’impression que les féministes sont divisées, on peut compter les dissensions autour de l’industrie du sexe. Selon Jessica Horn, dans le manuel pour les activistes d droits sexuels de l’Afrique de l’Est (uniquement disponible en anglais), les féministes radicales affirment que tous les deux, aussi bien la prostitution que la pornographie, sont des exemples de l’exploitation extrême du corps des femmes par les hommes et sont ultimement une forme de violence envers les femmes qui devraient être criminalisée.
Les féministes matérielles et les militants des droits des professionnelles des sexes eux disent que le commerce de sexe n’est pas une forme de violence mais une forme de violence mais que les professionnelles de sexe doivent être reconnues comme des travailleurs avec des droits et conditions de travail normaux.

Iles disent que le commerce de sexe des adultes et la participation des adultes dans l’industrie du sexe doit être légalisée avec des sanctions contre la participation des enfants ainsi que des sanctions pour ceux qui commettent des violences envers les travailleuses de sexe.

Dans tous les cas, ce qui reste commun a tous le mouvement féministe, ce que le bien-être des femmes est primordial. Plus les professionnelles de sexe connaissent leurs droits, plus elles savent choisir ce qui est bon pour elles, plus elles prennent soin de leurs corps et de leurs familles, plus elles peuvent se défendre et n’acceptent pas de traitement inhumains et dégradants.