En janvier 2017, cela faisait une année que l’union africaine a lancé la campagne pour la dépénalisation de l’avortement. Vous ne le saviez pas. Moi non plus.

L’idée est partie du fait que le protocole des droits des femmes ( à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples) aussi connu en tant que protocole de Maputo, du nom de la capitale mozambicaine ou il a été signé, a déjà prévu que l’avortement soit rendu disponible en cas de viol, d’inceste et lorsque la grossesse menace la vie de la mère.

Ce protocole, véritable bible sur les droits des femmes africaines, source d’une modernité que nous envient même certaines pays européens tels que la Pologne, est au-dessus de la loi congolaise. Ratification du protocole de Maputo par la RD Congo C’est depuis 2006 que la RD Congo a ratifié le protocole de Maputo. Elle est donc au-dessus de la loi congolaise et donc applicable dès que publier au journal officiel (cela fait 11 ans qu’on attend que cette institution la sorte de ses imprimeries). Si la RD Congo l’a ratifié sans réserve aucune et que les questions de parité politique, d’égalité des femmes et des hommes dans le mariage et l’héritage est déjà choses faites, cela n’a pas été les cas pour d’autres pays africains.

Réserve liée à l’âge du mariage et l’héritage

La plupart des pays africains l’ont ratifié. Pour ceux qui ne l’ont pas fait, les réserves portent très souvent sur 2 choses :

• L’âge du mariage : des pays comme la Mauritanie qui ont une tradition (rétrograde) de marier les enfants à partir de très jeune Age (entre 12 et 14ans) ont posé une réserve quant à criminaliser le mariage avant 18 ans

• L’égalité devant l’héritage : sujet qui soulevé toutes les passions, l’héritage est dans la plupart des pays, une affaire d’hommes. la femme qui est considérée comme une perte pour sa famille et un enrichissement pour sa belle-famille ne devrait pas hériter au risque d’emporter avec elle la richesse de sa famille d’origine.

Combien de temps pour faire accepter l’égalité

Si nous comprenons tous pourquoi il faut avancer ces coutumes et traditions d’un autre âge, pour permettre aux filles d’aller à l’école, de devenir plus autonome et de gagner la chance de prendre des décisions éclairées, ces pays ont pensé qu’il faudrait du temps pour faire accepter cela à tous, la question reste combien de temps.

C’est le cas des avortements. Sujet tabou dans une Afrique perdue entre colonialisme et besoin de développement. Les avortements ont toujours existé en Afrique.

Chaque culture témoigne encore des plantes médicinales locales pouvant être utilisé pour cela. Aujourd’hui, en 2017, les femmes et les filles africaines avortent pour des raisons diverses. Beaucoup en meurent. Puisque les avortements clandestins sont organisés dans des conditions d’hygiène et d’asepsie plutôt déplorables.

Les lois qui l’interdisent depuis plus de 100 ans en RDC n’ont pas arrêté qu’elles se pratiquent malgré tout. Le permettre dans des conditions sécurisées, par de professionnels et pour les cas bien précis de viol, d’inceste et de menaces à la vie de la mère est ce que les 54 pays africains se sont engagés à faire.

Certains pays l’ont fait : l’Éthiopie a dépénalisé l’avortement. Il y a moins de mort de femmes et des filles. Le Ghana depuis 1981. Je peux en citer au moins 10 de mémoire. Nous attendons de voir concrètement ce que cela donnera au Congo.

L’union africaine est en marche. Plusieurs organisations de femmes, jeunes, médecins, journalistes etc. se mobilisent. La deuxième année de la campagne pour la dépénalisation de l’avortement en Afrique a commencé. Espérons qu’on l’entendra plus que la précédente.